Et pourtant ces dernières semaines, d’autres images s’imposent.
On parle beaucoup de financement. Banque mondiale. SFI. MC14. Subventions. Programmes. Réformes.
Sur le terrain, une seule question reste : Pourquoi les PME n’ont toujours pas de cash ?
Ce qu’on nous annonce (et qui semble rassurant)
Sur le papier, tout bouge :
- 224 milliards de FCFA annoncés pour financer plus de 500 PME.
- Des mécanismes de garantie déployés par la SFI pour encourager les banques à prêter.
- 6 millions d’euros pour renforcer l’inclusion des femmes et jeunes entrepreneurs dans le cadre de la ZLECAF.
- Des programmes pour « éduquer » les PME.
- Des sessions de pitchs, des concours et des chèques en aide ponctuelle.
Vu de loin, on pourrait croire que le problème est en train d’être résolu.
La réalité (celle que personne ne veut regarder
Maintenant, regardons les faits :
- Les PME représentent 99,8% du tissu économique, mais captent une part marginale du crédit.
- Les banques exigent encore plus de 120 % de garanties.
- 27,3 % des entreprises font face à des tensions de liquidité.
- 62 % des PME industrielles demandent un soutien direct pour survivre.
- Des milliers d’entrepreneurs potentiels en plein centre-ville, debout, sous le soleil, à la recherche d’une opportunité professionnelle, lors de la bourse nationale de l’emploi.
🌐 Traduction simple : Le problème n’est pas l’argent. Le problème, c’est l’accès réel à cet argent.
Le vrai paradoxe
On finance : des projets, des secteurs, des programmes, des chaines de valeurs, des intentions. On accompagne, on forme et on éduque des entrepreneurs.
Mais on ne finance pas : le cycle de vie réel des PME. On ne règle pas le délai de paiement, la tension de trésorerie, l’exécution réelle.

🟡 Le système envoie des signaux positifs.
🚨 Le terrain envoie des signaux d’urgence.
Entre les deux, les PME s’étouffent.
Ce que nos actualités ne disent pas
Ces dernières semaines convergent toutes vers une même idée : « Il faut financer les PME ». Mais elles évitent le vrai sujet :
- Le financement arrive trop tard.
- Il est trop conditionné.
- Il est trop éloigné du terrain.
Vous pouvez injecter des milliards. Si nos PME livrent aujourd’hui et encaissent dans 90 jours, elles restent fragiles. Aucun « méga-prêt » ne pourra régler ce problème à court terme.
La question à poser (et à se poser)
Ce n’est pas « Comment financer davantage les PME? » mais plutôt « Quand est ce que le Cash arrive? »
Et ce qui change vraiment la donne
Il ne s’agit pas seulement de financer plus. Il s’agit de financer autrement :
- plus rapide,
- plus proche de l’opérationnel,
- plus connecté aux flux réels
C’est ici que tout se joue.
Chez YELLOW, nous voyons ce problème tous les jours
Ce que nous avons entendu ces dernières semaines, pas dans les rapports ni les annonces et les gros titres, mais de la bouche de nos PME:
- « Mon banquier m’a bloqué. J’ai des factures, des commandes… mais je ne peux pas avancer. »
- « Mon client me doit plus de 40 millions. Il refuse de payer… mais il veut encore être livré. »
- « Mes fournisseurs m’appellent nuit et jour. Les marchandises sont déjà chez mon client… mais il ne répond plus. »
- « Est-ce que mon paiement est passé? Demain j’aurais des gens devant ma porte.»
Et celle-ci, peut-être la plus révélatrice :
- « Je ne veux pas que mon client pense que je suis fragile financièrement si je mobilise mes factures. »
Ce n’est pas un problème financier. C’est un problème de perception.
Mobiliser ses factures n’est pas un aveu de faiblesse. C’est une décision de gestion.
Refuser de le faire pour “préserver son image” pendant que sa trésorerie s’étouffe… c’est ça, le vrai risque.
800 milliards. Ce n’est pas un manque d’argent. C’est un manque de solutions adaptées à la réalité des PME.
Le problème n’est plus théorique. Il est quotidien.

