Selon un article de Investir au Cameroun, le 27 août 2025, le ministre des PME, Achille Bassilekin III, annonçait que l’État camerounais provisionnait 19,7 milliards de FCFA pour soutenir les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME). Une annonce accueillie avec enthousiasme par de nombreux promoteurs, tant le secteur souffre d’un déficit chronique de financement.
Mais derrière l’effet d’annonce, une question demeure : comment cet appui sera-t-il distribué, et surtout, qui en bénéficiera vraiment ?
Les TPME, colonne vertébrale de l’économie dans un secteur à deux vitesses
Les chiffres sont connus : les TPME représentent plus de 80 % du tissu industriel national. Elles sont présentes partout : agriculture, commerce, services, artisanat , etc. Elles emploient, innovent et irriguent le marché intérieur. Pourtant, elles restent les parents pauvres du crédit.
La BEAC l’a rappelé : au troisième trimestre 2024, 67,8 % des crédits sont allés aux grandes entreprises, soit plus de 1 100 milliards de FCFA. Les PME, elles, n’ont capté que 21,3 % (358,2 milliards).
Ce qui crée une dynamique à deux vitesse:
- Les grandes entreprises disposent d’accès majoritaires et privilégiés au financement, adossés à leur historique et à leurs garanties.
- Les TPME, qui font pourtant tourner l’économie réelle, se débattent dans l’informel ou survivent grâce à des circuits alternatifs (familles, amis, tontines, microcrédit) et sont perçues comme risquées, se heurtant à une défiance systémique.
Résultat des courses, un secteur à deux vitesses, où quelques champions accumulent les financements, pendant que des milliers de petites structures restent sous-capitalisées.
Trois réalités ignorées
Cette annonce de 19,7 milliards soulève trois interrogations essentielles :
- La distribution des fonds:
Qui fixera les critères ? Si le schéma reste calqué sur des logiques administratives ou bancaires classiques, beaucoup de TPME n’y auront pas accès. Les multinationales et GE continueront d’être privilégiées. - La rapidité:
Les TPME ne manquent pas de projets, elles manquent de trésorerie immédiate. Or, les procédures publiques sont longues, et chaque retard fragilise davantage les petites structures. - La durabilité
Une enveloppe ponctuelle peut soulager quelques dizaines d’entreprises, mais sans réforme structurelle du financement, l’impact sera limité. Le vrai sujet reste : comment rendre le crédit plus inclusif et adapté au profil des TPME ?
Des solutions alternatives déjà à l’œuvre
Face à ce blocage, plusieurs mécanismes émergent : microfinance, fintech, factoring, plateformes digitales. Ils ne remplacent pas l’appui public, mais ils répondent à une urgence quotidienne :
- Payer ses employés à temps,
- Acheter ses intrants,
- Honorer une commande urgente,
- Tenir face aux délais de paiement imposés par les clients.
C’est ce second souffle que propose Yellow avec sa solution digitale de rachat de créances aux TPME.
En 72h, 80% du montant de la facture cédée est mis à disposition. Ce qui permet de ventiler les charges les plus importantes et urgentes sans attendre les délais souvent longs des débiteurs.

